Sunday, December 06, 2009

Remembrance

It's a day of remembrance for the 20th anniversary of the Ecole Polytechnique shootings of 14 young women on December 6, 1989. It's also a day of contemplation about the gun registry repeal that is the present political backdrop, the two are intermingled today. Here's an excerpt from one of Le Devoir's series yesterday on the gun registry fight that is not being given up:
Circonstance étrange pour un anniversaire spécial. Le malaise? Le 20e du drame de Polytechnique survient au moment où le principal héritage de l'événement — le registre des armes à feu — joue sa survie politique à Ottawa. Et cette épée de Damoclès, Heidi Rathjen s'en serait vivement passée.
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«Quand on pense aux victimes et aux familles des victimes, celles qui croient en cette loi et qui la considèrent comme un monument à la mémoire de leurs filles parce qu'elle sauve plus de vies que celles qui ont été perdues cette journée-là, c'est vraiment une claque dans la face», estime Heidi Rathjen, en analysant les événements des derniers mois.

Selon elle, les critiques émises à l'égard du registre manquent la cible: «Ce n'est pas parce que je dois enregistrer ma voiture que je suis traitée comme une criminelle... Ça n'a rien à voir. Tous les corps policiers du pays le disent: le registre est un outil essentiel. Dawson a prouvé qu'il y avait des améliorations à apporter. Mais ça ne voulait certainement pas dire de tout détruire

Le dernier rapport annuel de performance du registre démontre d'ailleurs que la base de données accessible en ligne est abondamment consultée: plus de 3,4 millions de fois en 2008 (soit 9300 par jour). La plupart des consultations visent à vérifier si une personne détient un permis d'arme, mais cette base de données permet aussi aux policiers de s'enquérir de la présence possible d'une arme dans une maison avant d'y faire une perquisition.

D'après le criminologue Jean-Paul Brodeur, de l'Université de Montréal, on ne peut juger l'efficacité du registre en considérant seulement les événements qu'il ne permet pas de prévenir. «On n'entend pas parler du registre chaque fois que des policiers s'en servent pour une intervention. Et si on prévient ce qui aurait pu être une Polytechnique-2, il y a bien des chances qu'on ne le sache jamais: comment déterminer l'ampleur d'un drame avant qu'il ne survienne?», demande le professeur.

M. Brodeur estime lui aussi que le projet de démantèlement du registre est «une mesure électoraliste qui n'aidera en rien à la sécurité des Canadiens. Ça vise à satisfaire une base électorale dans l'Ouest et dans les milieux ruraux».

Heidi Rathjen reconnaît aujourd'hui avoir peut-être «sous-estimé la force du lobby des armes». Mais elle prévient: «Le registre est devenu un symbole pour les proches des victimes de Polytechnique. Nous avons fait beaucoup de progrès, mais il en reste à faire. Les armes semi-automatiques sont toujours autorisées. L'arme utilisée par Marc Lépine est toujours autorisée. Et nous ne lâcherons pas cette lutte.» (emphasis added)
Another good piece is here, from a Montreal reporter who was there on the scene that night who captures the emotion of the loss of those young women:
The women massacred at the École Polytechnique would be in their 40s now, most of them. Like all of us, they would be wondering where the time has gone. There would be aging parents to worry about, divorces, estranged friends, golden children who in adolescence become impenetrable as granite, walled off behind their iPods and their Xboxes, no longer part of our world.

And there would have been triumphs, solid careers, remarkable stories. These women did not get to where they were, students in a field that was then and still is heavily male, without being extraordinary human beings. Some like my friend, would have become highly successful engineers, their careers all but unimaginable 30 or 40 years ago. Others would have found a middling level or left the business all together.

The events of Dec. 6, 1989, happened in another century, another millennium, yet they are as close as yesterday or tomorrow. A December morning like any other, students preparing for exams, starting Christmas shopping, making travel plans for the holidays. An ordinary day rendered unforgettable in the worst possible way.

Life goes on. For many of the living, it is never quite the same. We light candles but the tiny flames will not bring them back. We mark the date. We remember the cold and the rain turning to snow, the ambulances waiting. We remember 14 young lives, interrupted.
Most of us remember where we were exactly when that news happened. Today's a good day to share that, maybe with someone who is too young to be able to remember, or with anyone who may have forgotten what today is.